Lors de la tenue du Forum Global Gateway organisé par l’Union Européenne lors des 25 et 26 octobre derniers, divers projets ont pu voir le jour entre cette initiative européenne et l’Asie. Nous étions revenus il y a quelques jours sur les premières signatures pour l’Afrique.
Tout d’abord, un accord exceptionnel de 60 millions d’euros pour un programme d’économie verte, signé avec les Philippines. Cette initiative vise globalement à soutenir les Philippines dans leur développement économique. Parmi les objectifs se trouvent l’adoption d’une économie circulaire, la réduction des déchets et du plastique, l’assurance de l’approvisionnement en eau et le traitement des eaux usées, l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables dans le cadre du projet de la préservation de l’environnement entrepris par l’Union Européenne. Si les projets spécifiques n’ont pas encore été divulgués, il a été dévoilé que les initiatives seront soutenues par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) et Expertise France ainsi que financièrement par l’Espagne, la Finlande, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et la Suède.

Ensuite, ce n’est pas moins qu’un plan de 30 millions d’euros d’aide budgétaire que l’Union Européenne a décidé d’apporter à la République du Tadjikistan. Ce plan a pour but de de promouvoir l’enseignement, la formation et l’emploi au sein du pays d’Asie centrale. La signature de cet accord à l’occasion du Forum mondial du projet Global Gateway marque un appui financier « d’écologisation », c’est-à-dire le développement de normes et de programmes pour introduire les métiers liés aux énergies renouvelables et donc à l’écologie verte. Lors de la signature, le ministre des Affaires étrangères du Tadjikistan, Sirojiddin Muhriddin, a affirmé que « L’Union Européenne est un partenaire fiable de la République du Tadjikistan (…) Le Tadjikistan et l’UE adoptent une approche cohérente et mettent l’accent sur le développement de la jeunesse à travers diverses politiques et initiatives, notamment par la stratégie Global Gateway. Le soutien budgétaire de l’UE au Tadjikistan pour stimuler l’emploi repose sur la reconnaissance du fait qu’investir dans la jeune génération est essentiel pour parvenir à une croissance économique à long terme, à la cohésion sociale et au développement durable ». C’est ainsi que cet épisode souligne une étape importante pour le développement et l’autonomie stratégique de ce pays.

Toujours dans une optique d’alliance entre transition numérique et écologique, l’UE a conclu à cette même occasion un plan de 400 millions d’euros pour promouvoir et enrichir le développement des énergies renouvelables sur le continent asiatique avec le Bangladesh. Ces investissements ont été signés conjointement avec la Banque Européenne d’Investissement pour garantir une assistance technique au Bangladesh pour mener à bien sa transition vers un « numérique vert ». Des installations de panneaux photovoltaïques ou encore d’éoliennes dans les milieux les plus ruraux du Bangladesh font notamment partis des investissements prévus par ce plan. De plus, un programme supplémentaire de 70 millions d’euros a été signé entre l’UE et le Bangladesh pour soutenir le secteur de l’éducation et du travail.
Lors du forum, l’Union Européenne n’a également pas manqué de réaffirmer son soutien et son étroite coopération avec la République du Kirghizistan. L’UE a affirmé son aide et son soutien au concept « Kirghizistan numérique » du gouvernement kirghize pour la transition numérique du pays de 2019 à 2023.

L’un des points importants à retenir de ce Forum est également un accord de 500 millions euros d’accords entre Team Europe et le Vietnam. Un protocole d’accord soutiendra donc le Partenariat pour une transition énergétique juste au Vietnam, avec un objectif principal de décarbonations de transition énergétique pour le pays. Ce financement de l’UE permettra au Vietnam d’atteindre avec plus de facilité et souplesse son ambition de zéro émission nette d’ici 2050.
De plus, un accord historique de 6 millions d’euros a vu le jour le 25 octobre entre l’UE et l’ITC (International Trade Center) pour promouvoir la participation du Turkménistan au commerce mondial. L’objectif est d’intégrer le Turkménistan dans le système du commerce multilatéral mondial afin de l’aider dans une possible adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce. Cet accord signé au titre de la facilité de coopération bilatérale met en exergue le développement des entreprises occupées par des femmes ainsi que de leur développement économique : c’est donc un pari ambitieux et inclusif qui a été conclu entre les deux parties.

Pour le secteur stratégique, l’UE a également convenu avec L’Ouzbékistan un protocole d’accord dans le domaine des matières premières critiques durables. Cet accord s’inscrit dans une stratégie de faire évoluer les investissements en Ouzbékistan dans les chaînes de valeur de matières premières sûres, durables et résiliantes. Ainsi, les riches réserves de matières premières de l’Ouzbékistan en font un acteur majeur d’une transition verte à l’échelle mondiale, et cela passe principalement par une bonne utilisation de ses matières premières.
En conclusion, c’est par des accords décisifs dans les secteurs du numérique, de l’écologie et sur le plan stratégique que l’Union Européenne a démontré sa volonté de renouer des liens forts avec le continent asiatique, acteur majeur des transitions d’avenir à l’échelle internationale.

Par Eva Benyahya Blanc – Chargée de veille Global Gateway Asie à l’OFNRS
