Notre Cheffe de Pôle Afrique Centrale, Mme Geneviève Jessica Nkolo a participé à la réunion du Congrès International des Jeunes D’Afrique et de Chine, qui s’est tenue fin Septembre sur l’impact de la covid19 sur le trafic commercial par voie maritime.

L’ouverture  de la Chine au commerce international a permis d’améliorer le climat des affaires dans nombreux pays africains. En 2001, la chine obtient son entrée à l’OMC, une étape que lui permet d’accroitre ses échanges avec d’autres pays. Depuis les années 2000, la présence des acteurs Chinois tant du public que du privé sur le continent africain se sont façonnés dans le cadre du forum sur la coopération sino-africaine crée cette même année.  L’évolution de cette coopération rapide, a réussi à faire de la chine le premier partenaire commercial africain en 2009 derrière ses partenaires traditionnels.

En 2015, le taux des échanges commerciaux entre les deux parties s’est élevé à 300 milliards contre 101 milliards en 2000 [1].

A peine la convention de partenariat signée entre la Commission d’arbitrage de côte d’ivoire (CACI) et la Commission d’arbitrage de l’économie et du commerce de Chine (CIETAC)  le 11 septembre 2021, dans l’optique d’assurer le règlement des litiges économiques entre les deux pays.

Le CONIJAC[2], a, organisé le 28 septembre 2021 une conférence internationale portant sur l‘impact de la crise sanitaire sur le cout du transport maritime des marchandises entre chine et Afrique, manifestation de relations Chine-Afrique grandissantes. Nous y étions.

Cette conférence rassemblait un panel riche de responsables de ports africains  dont les flux maritimes avec la chine sont des plus importants. Entre autres du Colonel André Ciseau, secrétaire général de l’Association de gestion des ports d’Afrique Australe et Oriental ; du Dr. Ahmed Loukili  Secrétaire général  de l’Association du corps officier des ports du Maroc et Expert international, de M. Hien Yacouba SIE Directeur général du port autonome d’Abidjan,  M. Du Ruogang, Directeur général de la société  du Port de Lekki au Nigeria et de la professeure Qi Huan, vice doyenne de la faculté de Droit de l’Université des sciences politiques de Chine et représentante du Gouvernement Chinois lors de cette rencontre.

Ladite conférence a permis un partage d’expérience et d’information entre diverses parties prenantes  et de rebondir sur certains sujets d’actualité  tels que le développement de l’initiative de la ceinture et la route[3]. À travers une coopération portuaire sino-africaine et surtout l’impact de la pandémie dans cette dynamique.

Il est ressorti de la conférence que le trafic commercial par voie maritime semble être la voie par excellence des échanges internationaux entre la Chine et les Pays africains car moins couteuse, plus rapide et plus sure ; d’où l’interdépendance stratégique entre la Chine et les ports africains.

Cette interdépendance s’explique d’une part à travers un partenariat économique et commercial important mais également  dans la mise en œuvre du projet des nouvelles routes de la soie. Cet ambitieux projet vise à créer une nouvelle génération de comptoirs internationaux[4] avec 68 pays regroupant 4,4 milliards d’habitants et représentant 40% du PIB de la planète[5] dont font partis les partenaires africains. Or la pandémie de Covid 19 qui a paralysé l’ensemble de l’économie mondiale en 2019, a également eu un impact sur ces échanges commerciaux.   Un impact jugé négatif par l’ensemble des responsables des ports présents.

Le Directeur du port autonome d’Abidjan a par exemple souligné que l’interdépendance stratégique du port dont il a la charge avec la chine a donné lieu à des baisses d’approvisionnements des produits chinois et la hausse des taux de frets maritimes. Ainsi que la rareté et la hausse des prix des containers dans le pays. Le Directeur du port de Lekki a par ailleurs dénoncé les problèmes de congestion portuaires qui ont fragilisé les performances d’un port pourtant très dense avant la pandémie. La covid a démontré combien le monde était stratégiquement interconnecté et a surtout modifié le réseau portuaire en Afrique et dans le monde selon le directeur du port du port de Lekki.


[1] Le monde, l’avenir incertain de la présence chinoise en Afrique au menu du sommet sino-africain, 3 décembre 2015

[2] Congrès International des Jeunes D’Afrique et de Chine

[3] http://www.ecofin.com, ‘en 20 ans la Chine a construit plus de 600km de voies ferrées et 20 ports en Afrique’ 20 novembre 2020

[4] Nashidil Rouiai, ‘sur les routes de l’influence : forces et faiblesses du soft power chinois, geoconfluences, septembre 2018.

[5] Ibid