#18 Chine-Sri Lanka : construction d’une ville portuaire

La Chine accorde une grande importance aux relations avec l’Asie du Sud et notamment le Sri Lanka, l’un des pays clés des routes de la soie maritimes. Les deux pays décident de renforcer leurs liens en se lançant dans un projet commun de grande envergure.

Il s’agit de la construction d’une nouvelle ville portuaire près de la capitale Colombo sur une île artificielle. Le gouvernement du Sri Lanka a autorisé la Chine à construire un port urbain gigantesque, en dépit des doutes sur la sécurité environnementale. Ainsi, en septembre 2014, la construction de la ville a commencé. Cependant, suite aux changements politiques intervenus en 2015 au Sri Lanka, le nouveau gouvernent a interrompu le projet s’inquiétant des dommages causés au littoral, mettant en péril l’industrie du tourisme et l’environnement du pays. En 2016, un nouvel accord a été conclu avec quelques modifications notamment concernant des produits de protection de l’environnement entre la nouvelle administration du Sri Lanka et le géant chinois du BTP China Communications Construction Company (CCCC), l’investisseur du projet.

La nouvelle ville forme le plus important investissement direct étranger du Sri Lanka. Le projet est piloté par le groupe chinois China Harbour Engineering Company, et la première phase s’élève à 1,4 milliard de dollars.

La nouvelle construction porte le nom de « Port City » qui a pour but de devenir un complexe urbain de haut niveau, ainsi que le centre financier (baptisée Colombo International Financial City (CIFC)), touristique, logistique et informatique de l’Asie du Sud. Les autres développements emblématiques du projet comprennent un parc à thème, un port de plaisance, un parc central (comprenant 110 acres de parcs publics et 300 acres consacrées aux loisirs et aux sports nautiques), un centre médical et une école internationale.

Afin de construire la ville, les concepteurs du projet utilisent des dragues pour collecter le sable du fond de l’océan et prévoient d’ajouter 65 millions de mètres cube de sable le long de la côte.

Construit sur 665 acres (2,6 km carrés) de terres récupérées de l’océan Indien, la conception de la ville portuaire ressemble à celle de Hong Kong, Singapour et Dubaï. La ville est conçue spécifiquement pour un usage résidentiel et commercial et non industriel.

La nouvelle ville devrait pouvoir accueillir environ 80 000 résidents permanents et 250 000 résidents temporaires. Le « Port City » disposera de son propre système juridique, cependant ce système est encore en discussion et nécessitera l’approbation du Parlement et du Conseil des ministres du Sri Lanka.

En janvier 2019, la première phase de la construction de la ville portuaire de Colombo est officiellement terminée avec la remise en état de 269 hectares de terres de l’océan, la construction d’une infrastructure municipale et l’attraction des investisseurs sont en cours.

Une cérémonie officielle a été organisée en présence de l’Ambassadeur de Chine au Sri Lanka, ce dernier a déclaré que le projet symbolisait l’amitié entre les deux pays. Ce projet ambitieux a créé plus de 4 000 emplois pour la population locale.

Le 24 juillet 2019, un projet de loi du gouvernement sri lankais prévoyant l’entrée officielle de la ville portuaire de Colombo dans la capitale du pays a été adopté.

La ville portuaire dans son ensemble devrait être achevée en 2041 et, à ce stade, ses coûts peuvent atteindre 15 milliards de dollars.

Selon la CCCC, le mégaprojet devrait conduire à la création de 83.000 emplois dans les 20 années à venir, il stimulerait le développement économique du pays en stimulant les investissements directs étrangers et le développement du secteur privé. Le chef de projet adjoint, Chandana Gunawardena, estime que le projet transformera Colombo en un centre commercial important de l’Asie du Sud et en « une perle brillante de l’Océan Indien ».

Le gouvernement sri lankais souhaite intensifier sa coopération avec la Chine dans les domaines du commerce, de l’économie, de l’éducation, de la recherche et de la défense. La Route de la soie est l’héritage historique commun des deux pays, ce projet est un grand pas vers une coopération accrue avec la Chine dans le cadre de la Route de la soie maritime du XXIe siècle.

Sources :

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