Tribune : La Routes de la Soie aide les pays à engager une réforme de la gouvernance

L’OFNRS publie la tribune de Ding Gang (@dinggangchina), chercheur principal à l’Institut d’études financières de Chongyang, à l’Université Renmin de Chine.

Le durian est l’un des principaux fruits que la Thaïlande exporte en Chine. Quand j’étais correspondant en Thaïlande, il y a huit ans, un exportateur thaïlandais m’a dit qu’il fallait environ 10 jours pour que les durians soient cueillis avant d’être acheminés vers des ports de la côte sud-est de la Chine. Le durian doit être cueilli à 60 ou 70% de sa maturité. Les bénéfices de l’exportateur sont pénalisés par le rétrécissement et la perte de poids des durians pendant le transport.

Avec l’Initiative la ceinture et la route (ICR) proposée par la Chine, davantage d’autoroutes et de voies ferrées ont été construites, ce qui rend le transport plus pratique. Le dédouanement est plus facile, source de gain de temps, car de nombreux ports en Chine et dans les pays d’Asie du Sud-Est, ont simplifié leurs procédures et utilisent le dédouanement électronique.

Actuellement, il faut cinq jours pour transporter des durians de Thaïlande en Chine. Le temps passera bientôt à trois jours en changeant le mode de transport. Ainsi, les durians diminueraient moins, augmentant leur prix à environ 500 yuans (74,4 dollars) chacun.

Les liaisons de transport routier, ferroviaire et aérien accélèrent les transports, contribuant ainsi à l’expansion du commerce. Il peut également améliorer la productivité, conduisant à la formation de chaînes commerciales et au développement des industries de fabrication et de transformation. Globalement, cela améliore la gouvernance, objectif clé des Nouvelles Routes de la Soie.

Selon la Banque mondiale, il faut environ 50 jours pour effectuer les formalités d’importation en Asie centrale, alors que le nombre de jours pour les pays du G7 est d’environ 10 jours, mais aussi pour changer les politiques et le système d’administration.

L’amélioration du réseau routier incitera les producteurs à accroître leur productivité afin de faire face à l’augmentation des commandes. Les producteurs doivent également améliorer les emballages. L’efficacité et davantage de commandes peuvent augmenter les revenus des producteurs. Avec l’augmentation de l’efficacité des producteurs, les exigences des décideurs et des gestionnaires augmentent. Ils doivent réformer la production et la gestion des exportations.

Tous ces changements ne peuvent avoir lieu rapidement après l’amélioration des conditions de mobilité. Mais les changements apportés par la BRI jouent effectivement un rôle de facilitateur. Les exportations thaïlandaises de durian en sont un exemple.

Les liens commerciaux ont alimenté la coopération bilatérale et multilatérale dans de nombreux autres domaines. La Chine est actuellement la troisième source d’investissement en Thaïlande. En 2018, plusieurs sociétés chinoises, dont Alibaba et JD.com Inc, ont signé avec la Thaïlande des accords économiques et technologiques portant sur le commerce du numérique, la formation au commerce électronique, ainsi que sur l’entreposage et la logistique intelligents. En outre, la Chine, le Japon et la Thaïlande discutent d’approches de coopération pour la construction du train léger sur rail en Thaïlande.

Ces liens ont également favorisé la coopération institutionnelle entre les pays de l’Asie du Sud-Est. Le transport terrestre entre la Chine et la Thaïlande doit transiter par le Myanmar ou le Laos. Les conditions routières et les procédures douanières dans ces deux pays se sont considérablement améliorées ces dernières années, ce qui est conforme au processus d’intégration de l’ASEAN .

Les médias occidentaux accusent toujours la BRI de ne se concentrer que sur l’économie mais de ne pas créer d’opinion sur la gouvernance. Les Occidentaux définissent la « bonne gouvernance » avec leurs propres normes politiques. À leurs yeux, tous les modèles de gouvernance qui ne respectent pas leurs normes ne sont pas «bons» et ne méritent donc pas d’investissement et de coopération.

Néanmoins, pour de nombreux pays en développement, la bonne gouvernance ne peut être atteinte du jour au lendemain, ni réalisée en adoptant les normes occidentales. De nombreux exemples peuvent le prouver.

La plupart des pays en développement ne peuvent explorer la meilleure voie de développement correspondant à leur situation actuelle qu’en améliorant continuellement la gouvernance, de manière proactive.

La BRI aide les pays à améliorer la gouvernance en faisant progresser le développement. Tous les projets spécifiques, y compris la production de durian, la gestion des routes, les liaisons douanières et la coopération en capital et en technologie, entraîneront des changements de politique et de gouvernance. Seule une réforme régulière de la gouvernance basée sur le développement peut constituer le fondement d’une bonne gouvernance.

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